PANCONCOLA

PCCP –pan con cola producciones- est un groupe de création artistique de l’Équateur, intégré principalement par les artistes César Portilla et Gabriela Rivadeneira. Le nom PCCP fait référence au déjeuner des ouvriers en Équateur et fonctionne comme métaphore autant de la manière de résoudre et de produire ses projets, comme de son positionnement politique. Site: www.panconcola.org.

« Demain, dès l’aube… »

2011 Demain, dès l’aube… (Vidéo Installation en double écran, 9’37’’ loop -1920×1080)

proyección frontal (arriba), proyección posterior (abajo)

projection frontale (en haut), projection arrière (en bas)

« Demain, dès l’aube… » [1] est une installation vidéo en double écran réalisée par Gabriela Rivadeneira et César Portilla, composée par deux images projetées simultanément (en boucle) sur un grand écran disposé au milieu de la salle. Les artistes ont choisi, d’un côté, de travailler directement avec le « Site 825 »[2] symbole de l’époque de la Guerre Froide et de la confrontation entre l’Est et l’Ouest, en filmant l’intérieur du hangar et, de l’autre, d’incorporer dans leur installation vidéo matériels divers récupérés d’archives audiovisuelles et photographiques, documents historiques qu’incluent des images de presse, photogrammes filmiques, extraits de témoignages des Tatars exilés, ainsi que de télégrammes soviétiques émis en mai 1944.

L’installation vidéo est articulée en forme de diptyque ou tableau à double face (recto verso), il s’agit  de deux images distinctes qui partagent le son et qui entretiennent une correspondance indissociable. Le premier volet est composé d’un plan séquence (d’environ 9 minutes) et d’une série de couches sonores qui créent, à fur et à mesure que la vidéo avance, une atmosphère de suspense. Le deuxième volet est projeté au dos de la première image (au verso de l’écran), où on voit défiler une succession d’images fixes, il s’agit de silhouettes (noires sur fond blanc) de dizaines ou de centaines de personnes qui font la queue. Les diverses images de gens qui font la queue sont projetées quelques seconds, avec de longs intervalles entre une image et l’autre, sur l’écran qui est imprégné de peinture phosphorescente ayant ainsi la faculté de retenir l’image en nous renvoyant une sorte d’ombre évanescente des gens qui peu à peu disparaisse dans la pénombre de la salle, jusqu’au que la suivante image silencieuse de personnes soit projetée en s’enchainant dans un cycle continuel.

Demain, dès l’aube… se réfère au Surgun[3] du 18 mai 1944 comme une sorte de zone inénarrable, de territoire indicible qui crée une atmosphère propice pour remémorer ou penser. Elle est une sorte de voyage mental activé par le mouvement travelling de la caméra et les éléments sonores, et renforcé par les images spectrales des queues (au dos de l’écran).

Il nous semble que Demain, dès l’aube… mobilise au moins deux notions: la notion d’attente et la notion de l’Autre. Être à l’attente de quelque chose est à la fois une expérience visuelle et corporelle de la matérialité (inerte) de l’environnement. Cette expérience sensorielle restera en tant que partie de la mémoire d’un événement particulier du passé. La notion de l’Autre porte sur l’inconnu, sur la « chose inconnue » qui a le pouvoir de déclencher notre imaginaire et notre volonté de fiction. La production symbolique condense et déforme « la chose », la décalant au-delà de la réalité. L’Autre occupe alors un hors-champ psychique, une zone écran où l’on projette nos peurs, angoisses ou vérités cachées.


[1] Le titre de la vidéo évoque le célèbre poème de Victor Hugo « Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne … », publié en 1856 dans la collection Les Contemplations.

[2] Creusée à l’intérieur de la montagne Tauride à Balaklava et construite en 1953, pour la réparation et l’équipement des sous-marins nucléaires, et interdite aux civiles jusqu’à la fin du XXe siècle.

[3] La déportation des Tatars de Crimée : « Le 25 avril 1944, dans un télégramme, Beria transmettait à Staline des renseignements sur la situation en Crimée (1996 :110). Dans le document ultra secret, on estimait que du total de la population de Crimée, de 1’126.000 personnes, avant le début de la Deuxième Guerre mondiale, 218.000 étaient tatars. Beria précisait aussi qu’après la libération de la péninsule des nazis, les Soviétiques avaient arrêté 1.178 Tatars, collaborateurs des Allemands. Ces collaborations, expliquait-il, se réalisaient par le biais des membres du Comité National Tatar, sous la direction de D. Abdureshidov ». Cezar Aurel Banu, « Passé traumatique, mémoire, histoire confisquée et identité volée : la déportation des tatars de Crimée par Staline en mai 1944 (le « Surgûn ») », Conserveries mémorielles [En ligne], #1 | 2006, mis en ligne le 01 octobre 2006, Consulté le 02 juillet 2011. URL : http://cm.revues.org/288.

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objeto/dibujo: sobre papel higiénico, tinta negra

objet/dessin: papier toilette, encre noire

LISTE D’ARTISTES PARTICIPANTS:


Cildo MEIRELES, (Brésil)

Eric BAUDELAIRE, (USA, France)

Société Réaliste (Ferenc Gróf, Hongrie & Jean-Baptiste Naudy, France)

Manon DE BOER (Belgique)

PCCP, (Équateur)

Other Visible things (not) necessarily meant to be Viewed as Art (section proposée par: Mabel Tapia)

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EXPOSITION: QUITO-ÉQUATEUR –  MARS 2012

 

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